La Haine, mère de tous mes sentiments, la mienne n’est plus rien pour moi depuis si longtemps, le nom qu’on lui donne n’est qu’une illusion, la haine seule est véritable.
Tant d’heures passées à croire que tout cela allait s’arranger, en vérité, ce n’était que l’entretien du mal qui me ronge car bientôt la vie saute aux yeux et la mienne n’est plus rien qu’un flot de larmes qu’ils ne peuvent pas comprendre malgré toute leur bonne volonté. J’ai l’impression d’être morte de l’intérieur, comme si plus rien ne valait de laisser ce cœur battre en vain, un combat sanguinaire, une volonté obscure qui m’attire au fond du gouffre, une descente aux Enfers, je veux seulement mourir parce que la Vie ne m’a donné presque que de la souffrance et pourtant il y a des moments joyeux, c’est dans l’espoir d’en connaître d’autres un jour que je reste, que je persiste dans cette voie de déraison, de folie où je ne sais plus si je veux vivre ou bien mourir. Les idées se lient, se brisent, naissent et meurent, ce cœur s’écœure, la Mort est partout, je me noie dans des idées noires. Chaque jour je plonge un peu plus bas parce que je ne suis pas capable de mettre de l’ordre dans ma vie. Je sens que la folie m’envahit, rage folle qui depuis longtemps me détruit, détresse infinie, elle échappe à tout contrôle, bien malgré moi je n’ai de cesse de tomber plus bas. Je voudrais tant leur ressembler, à tous ces gens normaux, et pourtant c’est si dur d’être normale, j’ai pourtant essayé mais sans y parvenir. Je n’arrive pas à m’expliquer que certains m’accordent leur amitié, je me sais si désagréable, je m’énerve si vite et fonds en larmes après, ils ne comprennent pas, ils ont peur des gens comme ça, au bout du compte je ne dois pourtant pas être si différente, juste mes idées en désordre, faible esprit en pagaille, peur du lendemain, je voudrais mourir aujourd’hui pour ne pas pleurer demain puisque mes sentiments ne guériront pas, j’ai si mal sans pouvoir me l’expliquer, sans pouvoir soigner ces maux, juste essayer de supporter, le jour les idées défilent, prisonnières dans ma tête et quand vient la nuit, elles se libèrent, vivent, visions cauchemardesques, horreur, mes terreurs refont surface, je redoute le sommeil, peur que la nuit ne vienne parce qu’après la fatigue sera pire, parce que la peur sera là et que j’aurai toujours aussi mal. Pourquoi ? Pourquoi ce cercle infernal où tout ne revient à l’origine que pour être pire encore ? Pourquoi cette haine sans remord, cette tristesse sans remède, ces cauchemars sans plus d’espoir, un rideau de larmes voile mes yeux, tout est gris, bleu, noir, la mort, bleu, le désespoir, gris, l’entre deux, la faible lueur d’espoir qui bientôt disparaît dans l’ombre… J’essaie de trouver l’oubli mais qu’importe les moyens utilisés cet oubli ne dure qu’un temps, trop court et les larmes reviennent, sans pitié elles me submergent. Toujours la même chose, les mêmes idées, le même désespoir, jamais rien de nouveau, jamais rien de meilleur que la veille. J’ai mal à la tête, à force de me ressasser tout ça dans ma petite tête où tout se perd, je ne sais plus quoi faire pour y remédier, j’ai de plus en plus envie d’en finir pour ne plus avoir à souffrir la Vie parce que je suis lasse d’efforts qui n’aboutissent à rien puisque tout sera pareil demain. Il y a des gens qui méritent de vivre et que la Vie condamne pourtant par des maladies contre lesquelles on ne peut rien, que des traitements palliatifs mais la maladie est là, elle est ralentie, elle avance lentement mais sûrement, inexorablement.