La danse a repris son élan, et virevoltent les reflets glacés du fer à la lueur des bougies. Un vent de folie souffle en moi, et
toujours cette danse que rien n’arrête, que plus rien n’entrave désormais dans sa course. Libre cours à ce qui doit rester caché, ne plus tenir compte des interdits imposés par la morale
intransigeante, abnégation du contexte. La vie s’enfuit, l’esprit se perd au creux du souvenir, et la hargne s’acharne à libérer les petites mortes. Perles de pourpre, se jouent de moi et vont
disparaître ailleurs, beauté éphémère à travers laquelle j’admire désespérément mon austère et partiale idole.
Ce matin, je m’éveille, triste et monotone. Je ne sais pas qui je suis. Les mains tendues, je cherche à l’aveuglette un horizon
possible à mon errance latente. J’écarte les rideaux lentement et dévoile l’inertie d’une vie sans raison d’être, et sans plus de volonté ni de courage, je m’en retourne sur mes pas, indécise,
perdue. Je vais chercher refuge au creux de ma folie sans nom ; et de nouveau je m’endors sur ma peine, sans mot dire, maudissant mon existence amorphe et vide de sens…