Lundi 6 octobre 2008 1 06 /10 /Oct /2008 02:17

17h20. Retour auprès de mon ordinateur, comme une conne, seule dans un train de merde qui me ramène à ma vie de merde. J’aurais du ouvrir les yeux, je reconnais que j’avais senti les choses changer. Trop rapide, j’ai trop voulu y croire et voilà, la réalité m’a rattrapée encore une fois, comme toujours, d’illusions en illusions, ma propre vie m’échappe, quoi que j’y fasse, quelles que soient mes intentions, même les meilleures, même entourée de personnes sensées et sensibles, je finis toujours par décevoir. Là, je lui ai apporté un mirage lors de notre rencontre, lui a finalement été déçu, ne ressentant plus ce pétillement du début. C’est toi qui est venu vers moi, et moi j’ai laissé mon cœur s’ouvrir à un total inconnu, portée d’espoir et de rêves, je me suis attachée à cette personne sensible que j’avais découverte en Toi, si vite, au cours de nos si longues conversations. Msn est un traître qui permet d’entretenir une jeune flamme mais ne sert à rien pour rendre les choses concrètes, je me suis sentie si portée par ces sentiments tout neufs. On m’a toujours dit que j’avais tord de me sentir inintéressante, pourtant, la vie me l’a sans cesse prouvé, toujours plus fort, toujours plus durement. Quand tu m’as dit de m’asseoir, pour qu’on parle, j’ai senti que ça dérapait grave. Pas voulu me mettre en face de toi à contre jour, trop facile, plutôt de côté, à 90° de Toi. J’ai bien fait. Sitôt assise et toi revenu de je ne sais trop quoi tu as croisé tes mains, les coudes sur la table et gentiment tu as commencé de me dire que tu avais réfléchi à notre relation. C’était mort. Tout compris, à la limite, tu n’aurais pas eu besoin de parler davantage. Plutôt gentleman au final je dois dire, franc, mais comme je te l’ai dit ensuite, je préfère de loin cette sincérité. Tu as dit que depuis une semaine tu y réfléchissais, coup de poignard dans mon cœur, je sentais bien que les choses changeaient, et que l’étincelle du début, de notre rencontre, cette étincelle et bien elle n’était plus là ; et que tu préférais que les choses s’arrêtent là que de continuer dans le vide. Tu m’as demandé si ça allait, j’ai dit que oui, tu as demandé ce que j’en pensais, j’ai juste répondu que je préférai de loin qu’il ait été honnête, tu as demandé si j’allais pas pleurer au moins, bien sûr que non, mes larmes, je les garde pour moi, quand je serai seule pour de bon, ou même dans ce train qui me transporte vers ma vie d’avant, celle où à [..] ans je vis seule, désespérément seule avec mes trois horribles chats. Ça faisait longtemps que je n’avais pas pleuré de larmes aussi amères, longtemps que je n’avais pas pleuré tout simplement. Ce soir, je vais rentrer tranquillement, le long de ces rues de merde, avec mes chaussures de merde, que j’avais mises pour te montrer que je pouvais être féminine. Ces chaussures qui me détruisent les pieds et les chevilles. Je ne suis décidément pas prête de trouver quelqu’un qui soit prêt à me supporter. J’imagine que tu en as soit déjà parlé à [...] par téléphone, ou bien que tu vas le faire, sans doute lui va-t-il attendre que je lui en parle. Peut-être lui demanderas-tu ce qui en est ressorti de mon côté ; faut-il que je t’en parle à Toi mon seul ami ou bien que je garde cette autre blessure pour moi ? Tu as sans nul doute bien mieux à faire que d’entendre mes plaintes et mes douleurs, tu as ta vie toi aussi. J’étais si contente de dire que j’avais trouvé un Ange pour veiller sur moi, je me sentais si rassurée de la vie en général à te savoir quelque part, pas si loin. Tout mon château de cartes s’effondre. Et pourtant, je ne peux pas trouver quoi que ce soit à te reprocher dans tout ça, pas de mirages, pas de mensonges, pas de fouttage de gueule, rien à redire, de belles heures, de beaux moments de tendresse. Est-ce la magie qui s’est envolée ou bien une marche arrière face à la réalité de ce que je suis ? Jamais tu ne me diras ce qui a cloché de toute façon. Je doute qu’il est plus aisé de parler d’une étincelle qui n’est plus que de me dire carrément que je suis sans intérêt, trop compliquée, trop dark, trop je ne sais pas quoi, pas assez ceci, pas assez cela. Tu me laisseras dans le flou, à ne pas savoir pourquoi je ne plais pas. La réalité a rattrapé l’imaginaire ; nos discussions, chacun bien caché derrière son ordinateur étaient porteuses d’espoirs et pourtant, depuis ce we où je suis venue jusqu’à Perpignan pour te voir, tu te posais déjà des questions sur l’avenir de notre relation, c’est tout dire… No mercy for me, no country for old man, no love for Lilith, nothing for me, just my dark and mad mind. Aucun soucis, dors sur tes deux oreilles, je ne ferai pas de scandale tout comme je n’ai rien répondu à cette annonce qui pourtant me retournait le cœur, je ne m’épanche pas en public, je n’allais pas m’abaisser à pleurer devant toi que je savais désormais indifférer. Sans doute pour ça que tu m’avais parlé de nana « abandonnée » sous la neige, que je me prépare à ce qui me pendait au nez, tu devais déjà avoir des doutes, des inquiétudes. Pour le moment, je ne saisi pas à quel instant tu as pu commencer à tout remettre en question. Quel a été le facteur déclencheur ? A quel moment as-tu regretté de m’avoir présentée à tes amis en tant que petite copine ? As-tu été « forcé » de m’amener, n’ayant pas vu tes amis depuis plusieurs mois et ne voulant pas gâcher ce moment ? Je n’aurais jamais du venir, pas si tôt, pas si vite, mais si je me suis emballée, toi tu n’as rien fait à ce moment là pour me retenir, tu aurais pu prétexter n’importe quoi pour ne pas que je vienne ce premier we. Je ne vais pas passer mon temps à m’évoquer des avenirs possibles de nous deux. Mais en revanche, j’aimerais bien comprendre pourquoi il n’y a justement plus de nous deux qui soit envisageable. Je ne ferai pas de scandale, je ne m’épancherai pas en public, je garderai ces blessures pour moi, et mon amertume avec. Vu comment nous nous sommes connus, vu à quel point tu me semblais un être idéal, je me demande qui aura envie de s’attarder à gâcher son temps sur moi… Je n’ai plus d’excuses maintenant, il va falloir que je m’investisse dans ces putains de cours et dans un vrai travail, accumuler les heures, faire de l’argent, m’abrutir d’alcool et de médocs, que sais-je, je m’en fout mais je vais devoir me blinder la tête au maximum. Ne plus guetter l’heure, ne plus attendre ton coup de fil, et merde, ça fait mal, putain de mal. Je venais de reprendre contact avec la vie bordel de merde, à travers toi, et maintenant, à quoi bon ? Une telle explosion de joie et de tendres sentiments, qui se sont si vite embrasés, le feu ne laisse que des cendres, 10 jours de bonheur et puis plus rien. Illusions de merde, je ferai mieux de me droguer, de boire, je n’en sais rien, tout mais surtout, ne plus jamais croire en rien. Me brûler les ailes, c’est tout ce dont je suis capable.  Dans ces textes retapés de mes écrits qui ont servis de « déclaration de mes sentiments », je t’avais écrit qu’une désillusion de plus aujourd’hui, à ce moment précis de ma vie me serait fatal, je confirme. Pas de chantage au suicide, non, en aucun cas, ni de véritable suicide physique, ça non plus. Juste mon âme qui finit de se déchirer, complètement en lambeaux de ces espoirs qui se répètent et jamais n’aboutissent à autre chose qu’à de plus profondes blessures. Tout ce que je peux te reprocher, c’est d’avoir demandé mon adresse msn à [...] et à moi d’avoir accepté. J’aurais du attendre d’aller mieux par moi-même au lieu de me raccrocher à une relation amoureuse pour me sortir la tête de l’eau. Grossière erreur dont je paie le prix, ça m’apprendra à ne pas être autonome et à me reposer sur les autres pour faire les choses à ma place dans ce domaine. A trop vouloir voler, on tombe. Je viens de faire le saut de l’ange en moins de deux secondes, heureuse de te voir rentrer, et deux minutes plus tard, crash down dans mon cœur, un putain de verre blindé qui éclate comme du cristal sous la pression, et mon cœur qui se serre en silence, sans une larme. Tu m’as proposé soit qu’on reste chez toi, ou bien que l’on aille faire un tour ; oui, sortir d’ici et vite, pour aujourd’hui je ne peux plus, changer d’air, [...], la mer, oui, loin d’ici. Prendre mes affaires, partir, ne jamais revenir, en tout cas, jamais dans les mêmes conditions, et puis je crois que je n’aurai aucune raison de revenir chez toi, ni toi de m’inviter à y revenir. [...], tu étais surpris, tu avais bien raison. Je ne t’ai parlé de rien, tu ne m’as pas dit le moindre mot à ce sujet non plus, juste que ça te faisait bizarre de nous imaginer ensemble. Tu devais te douter que [...] me supporterait pas longtemps, et à l’heure qu’il est, je suis certaine qu’il t’a téléphoné, peut-être pour que tu penses à passer me voir quand je serai rentrée, si jamais tu t’en inquiètes. Je me suis attachée, mon cœur morfle, mais mon amour propre aussi. Quand tu as dit que pour toi, après le fait que cette étincelle du début tu ne la voyais plus entre nous, quand tu as dit que tu me voyais davantage comme une pote etc… coup de piolet dans mon cœur, je me fiche bien d’être un pote moi, j’en ai marre d’être là pour les parties de rigolade sans avoir droit à davantage. Toujours le même scénario qui se répète à l’infini ; «[...]» le pote des mecs. Mais surtout pas la compagne. Un jour, il faudra que quelqu’un de plus honnête ou de plus trash encore me dise entre quatre yeux ce qui cloche chez moi, que je comprenne pourquoi au moins. J’ai beau me poser des tas de questions, beau me dévoiler, parfois trop vite comme pour nous, beau tenter de ressembler à une femme, rien n’y fait, je ne plais pas, je n’inspire rien que de la franche camaraderie. Tu m’as laissée comprendre que nous nous reverrions, que tu ne faisais pas l’impasse sur moi en me parlant d’une sortie patinoire. Tu ne reviens pas à [...] ce jeudi, mais le suivant, soit. Je ne sais pas moi ce que je ferai d’ici là. Et je m’en fous quelque part. J’ai bien envie de participer à cette soirée, pour ne pas me montrer fuyante. Mais si je dois me sentir ravagée, je ne veux pas que l’ambiance soit tendue par ma faute, ni inspirer la moindre pitié, ni causer la moindre gêne, que les autres au moins puissent profiter. Il vaudrait sans doute mieux que je sois absente que d’être un poids. Nous verrons bien, de nombreuses heures se seront écoulées d’ici là. Et si [...] vient sonner ou s’il me parle sur msn, que dire, que faire, que répondre ? Je pense que je serais fichue de me mettre à pleurer, pas envie de craquer devant lui, pourtant, mon seul ami ici ; et si je ne peux pas lui parler à lui, alors à qui ? Il ignore beaucoup de choses certes, mais il est celui qui en sait le plus. Je suis toujours plus heureuse quand je rêve de quelqu’un d’inaccessible. Ce rêve n’aurait jamais du se concrétiser si rapidement, ça me gênait, ça le gênait aussi, normal d’en arriver là. J’aimerais me dire que ça vient de lui, qu’il a eu peur de s’engager, que les choses n’ont pas eu le temps de se mettre en place, que je me suis imposée trop vite et blablabla, mais non, je ne me sens même pas de lui reprocher quoi que ce soit tant je me sens fautive. Il parle d’une étincelle lors de la première rencontre et qui aurait disparu depuis, si cette petite chose brillante a disparu de ses yeux lorsque son regard se pose sur moi, c’est bien que moi j’ai changé en quelque sorte, que je suis différente de l’idée qu’il se faisait de moi à tel point qu’il n’aie pas envie de poursuivre davantage sur cette voie de la déraison. Quelque chose l’a blasé ? Quelque chose a provoqué un mouvement de recul, cela me semble évident, mais j’ignore de quoi il s’agit. Cherchant vainement des réponses dans ma tête, je mélange tout et rien, n’en ressorts rien de concret ou d’exploitable, ne sais pas où se situe la limite-frontière de mes sentiments à la réalité. Je dois bien avoir l’air d’une débile avec ma mine morose et mes yeux déjà bouffis d’avoir pleuré, à sécher tant bien que mal mes larmes quand une bouffée de douleur m’étrangle, à écrire comme une dératée sur ce putain de clavier, comme un bof de geek en mal de computering. Putain de bordel de merde de vie de chiotte, j’en ai marre, je veux boire, oublier, pleurer de rage, pleurer de souffrance, pleurer tout mon saoul et on verra bien ce qui va se passer. Je dois exorciser ce qui me passe dans l’âme et la tête. Je crois qu’en rentrant j’irai effectivement voir [...], je ne pense pas m’étendre, sauf s’il pose des questions, et encore. Mais au moins, y aller, lui demander s’il a pas quelque bon film bien trash à mettre, me changer les idées avant d’aller me ratatiner dans mon coin comme une merde, plus tard. Et toi, là, libéré de ma présence, penses-tu à ce que je dois ressentir en ce moment même ou bien es-tu simplement passé à autre chose ? Je me demande si tu te rends compte de l’impact de ces quelques phrases que tu m’as dites. Ensuite nous avons joué le jeu de deux potes qui vont faire un tour, de façon tout à fait anodine, sans relief, au bord d’une plage, sur une terrasse banale et sans âme, sans référence pour nous. J’aurais peut-être du rester bien plus mystérieuse, plus cachée que ça pour pouvoir susciter un quelconque intérêt. Notre « nuit » de lundi dernier a du te laisser d’amers souvenirs, entre mes mots et mes réactions bizarres, mon malaise, toutes ces différences entre toi et moi, vive l’image affreuse que j’ai du te laisser. Je suis si peinée. Je ne pensais pas que ça pourrait aller ainsi alors que pourtant, je ne peux pas prétendre que je n’ai rien vu venir, mais j’étais tellement emballée par mes rêves, mes espoirs, toutes ces jolies choses qui se dessinaient pour plus tard, ou même simplement pour le présent, rien qu’à l’idée d’avoir quelqu’un pour m’épauler, même si je ne comptais pas en abuser, l’idée d’avoir une personne sur qui compter et pour qui compter, ça me mettait tant de baume au cœur que je ne prêtais pas davantage attention à ces « signes » de faiblesse, notre relation avait déjà du plomb dans l’aile avant même d’avoir décollé. Je l’ai vu, je l’ai senti, mais je l’ai pris pour une position de repli de ta part, une crainte que je n’empiète sur ta sphère privée, ton monde à toi, comme si tu craignais que je ne m’impose trop à toi, devenant exigeante ou réclamant quoi que ce fut. Je comptais te parler pour te dire que tu n’avais pas à craindre ces choses là venant de moi, j’avais commencé de te les écrire sur ce putain de pc ; et si le tien n’avait pas planté ce matin, je t’aurai laissé une copie de ce fichier sur ton bureau. Bien ou mal, il a planté. Soit je te l’aurais dit dès ton retour, et alors il aurait été difficile pour toi de mettre en place cette brève conversation ; ou bien j’aurais oublié de te le mentionner et nous aurions eu cette conversation comme elle s’est produite aujourd’hui, peu avant 15h, et tu serais tombé sur ce putain de fichier, plus tard. Et ça aurait vraiment été la blaze que tu tombes sur mes mots d’hésitations en pagaille, de craintes. Bon ok, de cette façon là, tu aurais au moins eu le réconfort de te dire que j’avais vu venir le truc, et donc déculpabiliser. Comment as-tu pu me demander comment s’était passée ma matinée, me demander ce que j’avais pensé du livre, ce que j’ai mangé, si j’ai vu ma copine etc sachant ce que tu avais à me dire ? Stop, assez, je n’ai rien à te reprocher, oui, je t’idéalise peut-être un peu, mais moi qui suis d’habitude si râleuse, je ne vois rien à redire à tout ce qui a bien pu se passer ces deux dernières semaines. C’est à moi surtout que j’en veux au final, de m’être tant investie, si bêtement, crédule comme une ado, croyant avoir trouvé mon ange gardien, il n’existe pas, n’a jamais existé, n’existera jamais pour moi, il est une illusion, un produit de l’esprit qui cherche désespérément à se rassurer pour trouver une issue de secours dans ce monde insipide qui détruit tout. Je ne suis pas capable de donner suffisamment de tendresse, ni d’amour, ni de preuves de mon attachement, trop différente, trop malléable, trop craintive pour vivre au milieu de vous, comme vous, je n’ai pas ma place ici, je ne l’ai jamais eu, et je n’arrive toujours pas à me faire à cette idée, alors je persiste à essayer de m’intégrer, à tenter de me trouver une place parmi vous et sitôt que je crois m’être faite acceptée, il vous faut me remettre à ma place, me rappeler hô combien je vous suis étrangère, quoi que je fasse. Vous m’avez toujours condamnée à la solitude et à l’errance, condamnée à l’étude et à l’expérimentation des plus sombres horizons de l’âme. C’est marrant, il y a presque un an, je me défaisais d’un fardeau considérable, me permettant ainsi de pouvoir regarder autour de moi, à la découverte de nouveaux visages, espérant me lier d’amitié avec mes congénères et imaginant pouvoir regarder un être séduisant. Je l’avais trouvé, je le connaissais déjà certes, mais était à cette époque liée à un autre, même si je ne menais pas la vie rose, il m’était impossible de regarder ailleurs tant que la situation n’était pas réglée. J’ai alors pu te voir toi, tel que tu étais, à plaire plus que tout, mais te sachant inaccessible car engagé tout récemment toi aussi. Par la suite, j’ai pu suivre l’évolution de ton couple de loin, avec ses hauts et ses bas, mais toujours à flot. Je rencontre ensuite cet ange, et là, tous les rêves illusoires que je nourrissais à ton égard, je les lui ai transposés, tout naturellement tant ça me semblait une évidence. Evidemment, toujours attachée à Toi, mais sous un autre jour, toujours prête à te donner toute l’aide que tu voudrais, sachant que jamais tu ne demanderas quoi que ce soit cela dit en passant. Mais voilà que je me retrouvais à savourer un bonheur qui m’était inconnu et toi dans le même temps, tu voyais ton couple tanguer dangereusement, jusqu’au crash final. Et moi, dans ma bulle de bonheur, en même temps à me dire que si seulement, les choses avaient été différentes, à un autre moment du temps, à une autre géographie, avec d’autres relations extérieures, alors peut-être que les choses auraient été différentes, et puis j’ai de nouveau été happée par mon bonheur tout neuf. Je suis partie de [...] hier, je t’ai laissé samedi soir pour m’en aller retrouver mon ange, et je reviens ce lundi soir, le cœur déchiré et les yeux bouffis, et je sens que je vais venir frapper à ta porte, sans forcément t’en parler des heures, mais au moins ne pas être seule, même si je sais que tu ne mettras pas même ta main sur mon épaule, je serai chez toi. Je n’en demande pas plus. Si tu n’es pas là, j’irai me saouler comme une conne, tant pis, avec la musique à donf, j’emmerde les voisins.  C’est débile mais j’ai le sentiment de t’avoir trahi, j’avais tant nourri de rêves à ton égard, et en une soirée je me suis « jetée » sur un inconnu, me dévoilant à la vitesse Grand-V, prenant l’initiative d’aller le rejoindre etc, et puis là, plus rien. Comme revenir vers toi sans sembler être une girouette ? Impossible. Je ne pense pas que tu sois en mesure de comprendre ça ou même de le tolérer, c’est pourquoi je ne t’en parlerai pas. C’est dingue ce que j’ai honte de moi. Je me demande à quel point je peux bien être en mal d’amour pour m’être jetée dans ses bras aussi vite, comment ai-je pu tant me projeter dans une relation si neuve ? Je me questionne sur mes motivations, je pense que peut-être j’avais peur et j’étais lassée de cette solitude et sans doute aussi flattée d’avoir su susciter de l’intérêt chez quelqu’un qui me plaisait. Après tout, qu’aurai-je du faire ? Me prostrer dans ma méchanceté habituelle et écarter le vaurien de quelques phrases mordantes qui lui auraient fait rapidement comprendre qu’il devait prendre ses distances, et vite, de surcroît ? Ou bien jouer le tout pour le tout comme je l’ai fait, et advienne que pourra ? Je n’ai jamais eu de chance au jeu, ni en amour, je n’ai eu que mon dû, je n’en mérite pas plus, la vie le prouve, une fois encore, sarcastique et haineuse, je m’en veux d’avoir pu être si crédule. C’était trop beau pour être vrai, comment ai-je pu me laisser berner si facilement par cette autre illusion moi qui suis d’ordinaire si méfiante, si suspicieuse ? Il faut croire qu’aimer rend bête, il faut croire que le désespoir vous rend prêt à sacrifier ce qu’il vous reste de positivisme, en jetant tout dans la partie, les derniers jetons, les dernières lueurs d’espoir, tout ça pour rien. Je me connais, je devrais me résigner, je vais crever seule dans ce monde de bêtes plus aptes que moi à communiquer, et je vous emmerde tous, et j’ai tant de haine, tant de rancune, tant de colère. Pourquoi vous m’aimez pas ? [...] n’ont pas su le faire, ni [...], ni mes amis, ni mes « proches », ni aucun homme de mon entourage. Vous me tolérez en tant que pote, parfois en tant  qu’amie, mais je ne dois rien espérer de plus. Tant pis, je vais me cloîtrer dans mon mutisme, dans ma solitude, dans ma folie de schizophrène. Me trouver un toubib, un rdv, vite, besoin de défonce. Mais surtout, chut, pas un mot à [...], s’il s’en rend compte, on verra bien s’il faut répondre, s’il ne demande rien, je me tairai. Pauvre [...], comme tu dois regretter de me connaître, je ne sers à rien. Quant à [...], je ne pense pas qu’il reviendra vers moi un jour, je dirai même jamais d’ici à ce que se fasse la fameuse sortie à la patinoire. Je n’engagerai pas de dial msn, à lui de le faire s’il compte avoir de mes nouvelles directement ; il sait comment me joindre ; moi je n’en aurai pas le courage, j’aurai l’impression de quémander un peu d’attention ou quelque mot gentil, trop fière pour ça ; je préfère encore crever mes abcès de douleur seule que de réclamer, que de m’agenouiller détruite à demander que tu me vois. Je ne te ferai pas changer d’avis, je ne me rendrai pas plus désirable en pleurant devant toi, je ne me rendrai pas plus intéressante en te disant combien ça me blesse, je ne ferai pas naître en toi le moindre sentiment d’amour ou de tendresse par du chantage, je ne ferai pas renaître en toi cette étincelle qui m’a fait défaut en te faisant une scène ; alors je vais juste m’effacer, comme je sais si bien le faire, reculer pas à pas dans l’oubli, ne pas m’imposer, de pas t’obliger à me côtoyer, tu sais où et comment me joindre, tu as choisi de mettre des distances entre nous, à toi de me le faire savoir si tu comptes rester proche, ou bien je prendrai ça comme un acte de diplomatie destiné à adoucir la séparation, histoire de ne pas tout annoncer d’un bloc. Pas envie de cette vie de merde. A différents moments de ma vie je me suis laissée aller à rêver, à croire en des possibles, à vouloir imaginer que tout puisse changer mais ce monde là n’est pas pour moi, ces rêves ne sauraient être les miens. Où est le bouton « erase » de ma vie ? Tout effacer, tout reprendre à zéro, me suicider plus tôt, partir en paix, tout oublier, tout effacer, ne rien ressentir, ne rien voir. Relira-t-il ces choses que je lui ai à tord envoyées, comprend-t-il réellement que chaque chose a beaucoup de sens pour moi ? S’il le sait, encore heureux qu’il n’a pas attendu davantage, je n’ai pas été suffisamment clairvoyante pour anticiper, mea culpa. Je me sens épuisée de cette vie, trop dormi cette nuit, 9h c’est trop pour moi, choc émotionnel, les larmes ça fatigue, ça bouffe les batteries, je suis HS, je ne sais pas trop de quoi j’ai envie ou non. Ou bien me lancer à fond sur les cours, le sport, le travail ; ou bien me laisser aller comme une putain de merde de toxico, à chercher la défonce pour effacer le mal, pour mettre un putain de voile de brouillard sur toutes mes blessures, me recroqueviller dans ma bulle privative, exclusive, excluant, ma bulle de honte et de haine, cette cloche qui m’entoure et me distance, me différencie de vous, sans que vous en ayez conscience, elle vous laisse à une distance raisonnable de moi, comme si vous présentiez le danger, le risque à vouloir rester à proximité. Il n’est rien de plus réel que cette bulle pour moi, elle peut se changer en puits ruisselant de larmes et de sang, avec mes ongles écorchés sur les parois qui ne cessent de s’acharner à arracher des miettes de roche, mes mains toutes griffées, qui semblent les pattes de quelque affreuse bête sauvage prise au piège d’une trappe de chasse. Ma bulle est la matérialisation de mon enfer, de ma camisole, de ma cellule d’isolement, c’est mon monde, triste, désabusé, parfois violent aussi. Ma bulle est ce que j’ai de plus cher, car elle recèle l’ensemble de mes peines et de mes souffrances, depuis ma prime enfance à ce jour, je n’ai fait qu’y amonceler un paquet de blessures, sans avoir pris la peine de les panser, je suis passée à la suivante. Je t’ai laissé accéder à ce monde pour être honnête envers toi, pour que tu saches vraiment à qui tu avais à faire. J’aimerais te demander d’oublier ces textes, ces mots que je t’ai envoyés. A la limite, j’aurais dû relancer ton ordinateur avant de partir, et les effacer sous tes yeux, pour être claire, car j’imagine que si je te le demande, tu ne le feras sans doute pas. Je vais avoir du mal à te considérer comme un ami je crois après ce qui vient de se dire, de se faire. Sans être de mes amis, je ne vois pas pourquoi tu détiendrais ces mots, ces paroles là. Je tenterai malgré tout de te demander de les effacer, et tu feras ce que bon te semble ; je n’ai de toutes façons, aucun moyen d’agir à distance. Et [...] qui répond pas à mon texto, pourvu qu’il ne soit pas parti, ne soit pas ailleurs, je t’en prie, besoin de voir un ami, viiiite. Le train arrive bientôt en gare [...], fermer le pc, ranger le pc, rassembler mes affaires, fermer les yeux deux minutes et ensuite le calvaire du retour au quotidien insipide.

Par Crashed Hopeless - Publié dans : Textes
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