Vendredi 26 juin 2009 5 26 /06 /Juin /2009 02:01
Trop de temps a tué le temps de l'écriture, a transformé chaque instant en une dévotion démesurée pour l'écran avide de pixels.

Curieuse année que celle qui vient de s'écouler, trop de chapitres se sont accumulés sur une si courte période, de nombreux changements sont venus ponctuer l'inactivité quotidienne, poinçonnant l'âme un jour, recouvrant les plais le lendemain, effaçant la douleur sous des couches de peinture asservie au rôle de la neutralité. Effacer l'âme, enclencher la machine, faire grincer les vieux rouages de l'addiction, nul beosin de drogues pour ne plus être soi-même. L'addiction sait se faire une place toute choisie dans ma vie, sous quelque forme que ce soit et chaque fois me mène en d'autres lieux, m'amène à suivre aveuglément un aveugle pour ensuite choisir de ne plus voir ou encore accepter et être assoiffée de savoir sans ni le vouloir ni le regretter, avec des larmes parfois, puis l'habitude s'installe et neutralise les émotions pour ne plus être qu'une certaine forme de tendresse silencieuse.

Une année de plus gâchée à vouloir suivre le chemin tout tracé d'une vie estudiantine qui se révèle être catastrophique, tant par ma faute que par les évènements subis. Une année passée à re-sociabiliser tout en m'écartant davantage de la réalité, recroquevillée sur le monde 17 d'un serveur étranger, y dévider mon sadisme sous prétexte de tactique à long terme et ainsi se focaliser sur des problèmes tous autres, focaliser l'attention sur d'autres thèmes, d'autres noms, d'autres possibles, d'autres projections futiles. S'y cacher, s'y dévouer, savourer chaque victoire sans se lasser, se consacrer à cet unique but : vaincre.

A trop gagner parfois, on perd ailleurs, et l'isolement, si bon, si savoureux a quelques notes amères, quelques reproches fusent, certains jours sont douloureux lorsqu'il faut bien participer à la réalité et s'entendre dire ce que l'on aurait aimé ne jamais entendre, ou tout du moins, en d'autres circonstances, puis n'y plus prêter attention, s'engouffrer ailleurs et refaire un petit saut irl de temps à autre.

Ma fugue au coeur du virtuel m'a rattrapper pour causer aujourd'hui une fuite enjouée vers l'inconnu pourtant sous certains aspects si familier.

Partir encore, fermer ici sur cet article l'un des tomes de ma longue errance, je n'ai pas eu le temps d'en écrire les chapitres et il semble comme vide de ces longs mois silencieux, et pourtant, ce silence est tout autant actif que passif, tout autant voulu qu'involontaire, juste un état de confusion mentale différent des précédents.

Des mois passés à améliorer mes tactiques et stratégies ont conduit à de plus en plus de discussions si loin, après l'écrit le dialogue et la parole qui devient plus fluide jusqu'à pouvoir se confier, se comprendre, se faire comprendre, échange, nourrir les échanges et se rendre compte qu'il ne s'agit absolument pas d'un jeu mais d'un réel projet d'avenir.

Lectures insipides, tortures administratives, chaos bureaucratique, faut-il être motivée pour s'engager en ces chemins qui vous démotive... Et maintenant, si proche de la prochaine étape, j'ai entre mes mains les derniers instants de cette page où tant d'éléments manquent encore, et je voudrais savoir si je souhaite briser la plume sur le papier ou bien la laisser courir des heures durant, affolée de ne plus savoir quels sont les évènements clefs, ceux qui méritent une place dans mes souvenirs, ceux que je voudrais oublier, ceux que je voudrais ne jamais révéler, ceux que j'aurais voulu avouer mais que je garderai longtemps encore dans mon coeur sans pouvoir les partager. C'est encore un drôle de jour où au milieu de la nuit je suis revenue à ce clavier, avide de mots et les idées confuses, mais ce besoin irréprescible de laisser un épilogue à ce livre parmi les autres.

Certains m'ont cru perdue, et n'avaient sans doute pas tout à fait tord, nombre ont pensé que je resterais esclave de cet état de fait et très peu sans doute savent la véritable nature de ces changements, une seule sait la majeure partie de cette année, des raisons pour lesquelles j'ai fait ces choix, les autres ont une vision déformée.

D'ici 79 heures, je quitterai le pays qui m'a vu grandir et fuir pendant ces quelques années pour m'en aller rejoindre une autre aventure, un autre challenge, beaucoup d'espoir aussi, et la seule certitude : besoin de changements et je vais être servie à tous les niveaux. Je vais croiser les doigts pour que ce voyage veuille bien ne pas être fait que d'espoirs et de lubies, pour que ces belles et tendres paroles aboutissent à un concret salvateur, à du positif et m'envoler bien loin de tout ce réel que je connais jusqu'à présent, emporterai avec moi le fardeau du passé c'est certain, mais qui sait, peut-être tout cela n'aura-t-il pas servi à rien et voudra bien servir ma cause.


Rendez-vous dans quelques jours peut-être, pour une page soulagée ou pour un flot de paroles torturées. Le plus long de mes voyages a déjà commencé, pourvu qu'il ne s'arrête pas en si bon chemin.
Par --Lilith-- - Publié dans : Textes
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